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"Taine, dans une page sur le séjour du peintre Gleyre à Khartoum; Fromentin, dans un chapitre du Sahel, ont noté l'influence déprimante des pays tropicaux, «des sensations perfides et douces» qu'ils apportent à l'Européen, et la difficulté de fuir pour qui s'est, quelques semaines, abandonné à la douceur, à la perfidie de ces sensations. Certes, les artistes, les Flaubert, les Goncourt, les Huysmans, les Leconte de Lisle, ont donné l'âme à leurs plus fortes oeuvres avec cette impatience de filer vers de nouveaux pays et des civilisations nouvelles, avec cet amour des étranges et lointaines manières de vivre et de penser, qui, douant de larges ailes leur esprit inquiet, les emporte loin de leurs contemporains et loin de leurs concitoyens. Leur désir s'alimente des dégoûts de l'existence quotidienne. Mais l'artiste qui ne sait pas se réfugier dans un rêve assez intense et assez splendide pour s'y consoler et s'y guérir, qui, peu confiant en les magies de la pensée, prend le wagon ou le paquebot pour fuir les hommes et les pays détestés, et qui demande l'oubli délicieux à l'Afrique arabe, à Ceylan ou à la civilisation indochinoise - celui-là est à jamais perdu pour l'art."
Considération d’Oriane (Bic mauve): j’ai en effet constaté cela lors du séjour du Général dans nos zones tropicales d’influence comme si l’homme n’était capable de créer, de se battre pour sa survie que sous les climats relativement hostiles. Les vieux et les riches vont se réfugier au sud, les SDF aussi… J’avoue que, si l’ambition du Général, ne l’avait pas poussé à revenir dans son pays natal pour y jouer le rôle que l’on sait, je serai volontiers restée sous les tropiques.
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